ZOne, le comics de Zombie

Et c’est partie! d’une blagounette en fait, l’année dernière le 21 Décembre 2012 c’était la fin du monde et pour fêter ça j’ai écrit vite fait une mini nouvelle sur une invasion de Zombie. Comme les Z étaient à la mode j’ai trouvé ça amusant, pis mon comparse Virak m’a dit: Go la BD! et tout est partie de là. Bon on est pas super avancé…mais…bon…le projet est là et le papier se noirci doucement ^^intro-1

Je ne pensais pas que cela était possible, dans mon esprit c’était un peu comme l’idée du croc mitaine. Une créature chargé de cristalliser nos peurs les plus profondes, c’était comme ces cauchemars que l’on fait et où l’on court au ralenti sans jamais pouvoir la distancer. Il n’y eu aucun signe avant-coureur, ni chute de météorite, ni incident nucléaire. Cela nous tomba dessus en plein été, sous la chaleur torride d’un soleil indolent. Les gens étaient occupés, la moitié sous le ronron des climatiseurs, coincés dans leurs tours de verre et d’acier tandis que l’autre moitié bourdonnait, nonchalante dans les centres commerciaux.

Cela commença par un cri, venu des sous-sols boueux de nos villes décadentes. Comme à l’orée de toute fin du monde certains brandirent la main de dieu, de l’ange purificateur, ou le simple fait d’avoir voté pour Barack Obama. Mais la vérité était bien moins glamour. Comme les rats ne trouvant plus de nourriture, ils remontèrent tout simplement de la  fange où l’humanité les avait jetés. Le premier fut Carlos Benitez Gonzales, un immigré mexicain remonté avec sa famille pour trouver du travail, ici même à Chicago. Son salaire d’égoutier lui avait permis de faire venir sa femme et leurs deux enfants. Maria, son épouse, avait alors trouvé un emploi de femme de ménage dans un grand hôtel de la ville. Carlos n’aurait pas dû aller au travail ce matin-là, il avait choppé une grippe carabinée mais comme en toute période de crise il ne pouvait se permettre de manquer un jour. Après coup on pensa que le premier facteur fut la reculade du président sur ses promesses de reformer le système de santé de l’état. Sans argent, les gens n’allèrent pas se faire soigner. Théorie ridicule, même sans argent cela arriva tout simplement trop vite pour que quiconque puisse réagir.

Carlos descendit comme à son habitude à l’angle de West Montrose Avenue et North Central, Kasimir Ngola et Dam Burk l’attendaient déjà devant la station Mobil. L’air chaud du dehors créait une sorte de vapeur avec l’air plus frais qui s’échappait de la bouche d’égout et l’odeur semblait plus intense que d’ordinaire. Carlos avait la tête qui tournait, un poids énorme sur les épaules et un mal de chien aux articulations, il se demandait s’il n’aurait pas mieux fait de rester chez lui malgré tout. Mais il était chef d’équipe ce qui signifiait que sans lui, kasimir et Dam n’aurait pas eu de boulot aujourd’hui et auraient eux aussi perdu leur salaire de la journée. Une fois les trois hommes en bas, lampes allumées ils partirent en direction du Portage Park. L’intervention était banale, on avait signalée une baisse de pression de l’eau sur le secteur  et des remontées de boues dans les immeubles qui bordaient le parc. Ils emportaient donc de quoi réparer et souder la canalisation défaillante. A mesure qu’ils arrivaient près du but les odeurs se faisaient plus fortes par moment, obligeants les trois hommes a se couvrirent le visage. Sans sentir la rose les égouts n’étaient d’ordinaires pas si immondes que tout le monde pouvait penser. « En fait cela dépends des quartiers » aimait-il à raconter. Mais avec cette chaleur cette odeur d’enfer ne semblait pas si étrange que cela.

Les trois égoutiers progressaient lentement, un brouillard de vapeur nauséabonde remontant dans leur direction. Au-dessus d’eux ils entendaient le vrombissement de la circulation. Les égouts oscillaient entre passages étroits et larges places servant à repartir la collecte d’eau, la plupart envoyant les déchets dans la direction du lac Michigan. La radio de Carlos grésillait de temps autre, étrangement, de tout le secteur seul ce tronçon avait du mal à capter les appels, il avait fini par s’y habituer. En cinq ans il n’avait jamais eu de soucis particuliers, une fois il avait retrouvé le corps d’un SDF, c’était en plein hiver. L’homme avait été congelé lors d’une brusque montée des eaux, les hivers étant particulièrement rigoureux par ici. Cela ne l’interpella pas tout de suite mais d’ordinaire il croisait quelques rats vaquant de ci de là à leur passe-temps favori, la collecte de nourriture. La ville avait mené une campagne de dératisation, réduisant drastiquement le nombre de ces nuisibles, mais même ainsi il restait des irréductibles. Dam et Kasimir d’ordinaire si bavard restaient muets, l’odeur et le gout qui émanait de la brume, maintenant beaucoup plus dense les obligeait à garder la bouche fermée. Ce qui allait très bien à Carlos compte tenu de son mal de crâne. Bientôt ils durent mettre leurs masques car de grosses gouttes poisseuses commençaient à s’accumuler sur leur visage, brouillant davantage leur vision. Ils arrivèrent au-dessous du Portage Park, n’y voyant plus à trois mètres Kasimir et Carlos allumèrent eux aussi leurs lampes. Leurs combinaisons collaient à la peau, avec cette chaleur maintenant presque insupportable elles faisaient office de tenue de sudation. Carlos enclencha son détecteur de chaleur qui vira au rouge orangé presque immédiatement, c’était assez pratique pour trouver dans ces conditions la conduite d’eau défectueuse.

Kasimir poussa un cri avant de tomber à la renverse dans le ruisseau grisonnant. Carlos et Dam se retournèrent, cherchant du regard le grand noir en tenue jaune. Carlos à l’aide du détecteur trouva immédiatement son collègue dans cette purée de pois. Une tache vert et bleu apparaissait sur l’écran de contrôle, signe que la température ambiante était anormalement trop élevée, même en pleine canicule. Dam aida Kasimir, se moquant de son équilibre au passage. Celui-ci lui rétorqua que quelque chose l’avait agrippé par la jambe puis renversé dans cette brume. Carlos dont le souffle commençait à manquer était sur le point de proposer de faire demi-tour, afin de demander au central de faire couper toute l’eau du quartier. Sans cette brume il leur serait plus aisé de travailler. Dam qui relevait Kasimir chercha à appuyer son ami contre la paroi de l’égout, mais les deux hommes qui n’y voyaient rien passèrent à travers celui-ci, un trou béant creusé à travers la brique formait un passage. Les deux hommes se retrouvèrent le cul dans une eau glaciale, lâchant leurs lampes. Carlos les chercha frénétiquement du faisceau de sa torche, le détecteur affichant dans leur direction un simple trou bleu foncé. Il ressenti tout près de lui une présence ou était-ce la désagréable impression que cette journée de merde allait durer encore longtemps ?

Kasimir poussa des jurons dans sa langue maternelle. L’eau froide sur sa combinaison lui donnait la désagréable impression d’être sur un waterbed. Dam à quatre pattes cherchait sa lampe torche dans l’eau presque opaque. Carlos enjamba le talus de briques effondré pour les rejoindre, malgré la cloche qui sonnait dans sa tête il remarqua que celui-ci était orienté vers les égouts, comme si quelque chose avait poussé de l’intérieur pour sortir. Les trois hommes se retrouvèrent dans une alcôve, devant eux s’étendait un couloir s’enfonçant vers les ténèbres, aucun puits d’aérations ne semblait le parcourir. Manifestement l’existence de cette section bouchée devait remonter à bien avant la modernisation des égouts de Chicago. Bien sur la prudence et la logique aurait voulu qu’ils rebroussent chemin, sans radio, dans un noir total et manifestement dans un endroit que personne ne connaissait pourquoi auraient ils continué ?

Kasimir, aidé cette fois par Carlos était à nouveau sur pied, ils scrutaient de leurs lampes ce nouveau boyau. Dam continuait à quatre pattes à fouiller l’eau. Carlos lui demanda ce qu’il se passait. L’autre lui rétorqua que sa combinaison s’était déchirée à hauteur du ventre, laissant échapper son téléphone portable dans cette bouillasse noire. Un courant d’air glacial remonta face à eux, traversant leur combinaison malgré le plastic isolant. Les égouts s’étaient tut, pas même le bruit de l’écoulement d’eau ne se faisait entendre. Les trois hommes restaient muets comme si ils avaient arrêté de respirer. Carlos sentait monter la toux mais comme les deux autres il attendait. Quand un bruit tonitruant déchira l’air d’un « Tududu tududu dudu », les trois hommes sursautèrent comme un seul. Carlos lâcha une quinte de toux, projetant sur la visière de son masque un mélange de postillons et de glaires. Dam injuria le bon dieu et ses saints. La surprise passé les trois hommes se regardèrent, comment le téléphone de Dam pouvait sembler si loin ? Il y avait certes un petit courant vers le fond du boyau mais rien qui put emmener à plus de 15 mètres l’appareil. Enervés, les trois hommes s’avancèrent dans le passage à la recherche du téléphone, pressés de faire demi-tour.

La température avait brutalement chutée, le détecteur indiquait maintenant 17 degrés et toujours pas de trace du téléphone. Carlos essayait de le faire sonner mais aucun signal ne passait. Sans s’en rendre compte ils avaient bien avancé dans l’étroit couloir. Dam poussa un cri de surprise, faisant sursauter ses camarades. Quelque chose l’avait touché. Balayant les parois de leurs lampes ils ne virent rien d’autre que la brique noire suintante. Mais le bras de Dam le démangeait comme après une vilaine piqure de moustique. Carlos lui parlait, mais il n’y fit pas attention, il porta la main à son bras et se rendit compte que sa combinaison s’était déchirée, lui entaillant en surface et son t-shirt et la peau. Les trois hommes marquèrent un arrêt. Dam commençait à être inquiet, c’était la deuxième fois que sa combinaison se déchirait. Abandonnant l’idée de revoir son téléphone dans ces ténèbres glacées il proposa de faire demi-tour, ce qui soulagea immédiatement Carlos et Kasimir. Sans s’en rendre compte l’entrée du tunnel n’était plus visible, celui-ci faisant certainement une courbe. Marchant encore quelques pas ils entendirent devant eux le bruit des briques qu’on écrase, lourdement. L’esprit humain à ceci d’extraordinaire qu’ils demandèrent tous les trois en même temps s’il y avait quelqu’un. Plusieurs secondes passèrent dans un silence absolu sinon le « tomtom » de leurs cœurs battants. Puis un bruit indescriptible, mélange entre une sirène de bateau et un rugissement traversa comme une balle dans un canon l’étroit couloir où ils étaient maintenant prisonniers. Pris de panique ils se mirent à courir en sens inverse aussi vite que possible. L’étroitesse du passage les obligeait à courir à deux de front et l’eau qui leur arrivait un peu en dessous du genou gênait grandement leur course. Carlos qui était derrière ses deux amis commençait à perdre ses forces, sa toux et son masque l’empêchait de respirer. Il sentit derrière lui, à quelques mètres maintenant la présence terrifiante de la créature qui les poursuivait. Mais le plus horrible dans tout cela c’est qu’il n’y avait aucune issue, aucun embranchement, nulle part où se cacher.

Carlos repensa à sa famille, à ses enfants, à ce que lui avait dit ça femme ce matin-là : « n’y vas pas tu es trop malade ». Pourquoi ne l’avait-il pas écouté pour une fois ? Lui qui était d’un naturel prudent il allait par excès de zèle mourir dans un couloir froid. Mais il revint à la réalité, devant lui Kasimir s’aplatit de tout son long dans cette fange noire et glaciale, Carlos sentit dans son dos l’énorme masse de la chose le projeter en avant. Il fit un vol plané, passant au-dessus de son ami sans pouvoir le voir dans ces ténèbres. Il heurta violement le mur, son souffle déjà court se coupa, cherchant à respirer il toussa, tandis qu’il essayait de remettre ses idées en place il entendait les pas de Dam s’éloigner. Le gout du sang emplit sa bouche puis un hurlement déchira le mur du son, il y avait de la douleur et de la peur dans ce cri. Devant lui mais sans pouvoir le voir Kasimir était déchiqueté et dévoré par une chose qui l’aurait rendu fou en la voyant. Son corps le brulait, avec l’énergie du désespoir et l’adrénaline à son paroxysme il se releva. Ses oreilles lui faisaient parvenir des bruits insoutenables. Le faisceau de la lampe de Dam scintillait faiblement sur les parois. Les cris d’agonie s’éloignaient à mesure que sa douleur le martelait, puis il sentit que le sol s’inclinait, l’eau était moins haute. Il savait qu’il ne devait pas faire cela, mais il s’arrêta sachant pertinemment que si il perdait l’équilibre il jouerait du toboggan peut être jusqu’en enfer.

Alors sa clavicule se brisa comme prise dans un étau tandis que des lames parcouraient de droite a gauche son dos en s’enfonçant profondément dans sa chaire. Un poids énorme le mis à genou, le plastique de son masque s’écrasa sur sa face et un souffle infernal embua sa visière. Alors il sentit quelque chose s’insinuer sans son corps, une chose qui le brula de l’intérieur, comme si des milliers de fourmis se mettaient à le dévorer. Comme détaché, il se dit qu’il allait mourir, espérant que cela viendrait vite, il eut l’impression même de glisser, la morsure de la créature se détacha de son épaule, son poids se fit moins implacable. C’est alors qu’il réalisa qu’il glissait bel et bien. Sans pouvoir faire le moindre mouvement pour ralentir il roulait de droite à gauche, cognant les parois quand la pente tournait dans un sens ou dans l’autre. Puis le sol fut de nouveau plat, il glissa un peut sans pouvoir bouger, la vitesse le fit tournoyer. Du coin de l’œil il vit de la lumière, le faisceau de la lampe torche de Dam. Allongé sur le sol incapable du moindre mouvement, la face vers le plafond qu’il ne pouvait que deviner il entendit alors son ami l’appeler à l’aide…