Le Ryavanaparvan: l’Age Ecarlate

Quand le sang des inovaruna fini de remplir les trapeang jusqu’à déborder le long des phnom en de tumultueux torrents écarlates, il ne restait plus qu’une poignée d’originels. Réduit à l’état d’ombres désincarnées, piétinés par leurs propres descendants. Le Balakshasa les plongea à son tour dans l’enfer le plus profond, au cœur même du Chariot Cosmique, devenu une forteresse de souffrance éternelle.

Là, Radrayuma se livra sur eux aux expériences les plus horribles, déchirant leurs corps comme leurs esprits en une quête interdite pour percer le secret de la mort. Car dans sa folie, l’Empereur des Ankshasura entreprit de rendre la vie au corps défunt de sa mère, pétrifiée à jamais dans son sarcophage de glace en un moment de délivrance funeste. Les années passèrent, torturant ce qui restait des inovarunas jusqu’à ce qu’il n’en resta plus un seul pour assouvir ses sinistres desseins. Puis dans son esprit de demi-déva germa l’idée qu’il ne devait plus vaincre la mort mais trouver le moyen de contourner cet état, alors commença une nouvelle quête que devait nourrir année après année, siècle après siècle ses Ankshasura. De ses expériences naquirent les premiers Gana, des êtres hybrides sensés lui apporter la compréhension du corps et de l’âme. Homme-tigre, homme-singe, Radrayuma repoussait les limites de l’inhumain en testant les manipulations les plus abjectes. Les créatures à tête humaines ainsi que des corps à tête animale émergèrent des profondeurs du palais. Bientôt les Ankshasura se mirent à craindre les nuits où les cris de souffrance infernale s’échappaient des Prasats. De plus en plus rare furent ceux qui s’approchaient de l’antique Chariot Céleste, craignant que les Ganas ne s’attaquent à eux. Mais les hommes-animaux étaient dénués d’âme et de conscience, se contentant d’errer à la tombée du jour parmi les ruelles désertées de l’ancienne cité.

Pour se prémunir de ceux qu’ils croyaient être des monstres emportant les leurs quand les ténèbres s’étendaient, les Ankshasura creusèrent autour du temple maudit un baray dont la profondeur s’enfonçait de 100 coudées sous la surface. Seul un mince chemin de pierre fut gardé entre la cité et l’ilot sacré devenu sanctuaire, afin que régulièrement les Ankshasura, pour se prémunir de la faim des créatures qu’ils croyaient responsables des disparitions de plus en plus nombreuses, puissent leur apporter des offrandes. Générations après générations, les descendants des premiers refugiés édifièrent un culte macabre au Balakshasa et à ses démons.

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